Presse

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Jusqu’à 100 heures de travail par semaine.

D’après l’ISNI, les internes travaillent en moyenne 58 heures par semaine, soit dix heures au-dessus du maximum légal mais cette moyenne cache des excès parfois bien plus grands. Olivia, 26 ans, est interne en médecine d’urgence, il lui reste encore 2 ans d’internat. Elle nous explique avoir travaillé couramment 60 heures par semaine, “96 heures est mon record”, et jusqu’à 26 jours d’affilée sans s’arrêter.

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Gaëlle, en deuxième année d’internat de médecine d’urgence à Poitiers, insiste sur le rôle essentiel de l’entourage professionnel, notamment des médecins titulaires. «Je me souviens de la fin d’une nuit, au petit matin, où je n’arrivais même plus à lire l’électrocardiogramme de mon patient. Je ne savais plus l’analyser. J’ai tout de suite appelé mon chef, il a compris, il est venu me remplacer. Mais tous les seniors ne sont pas aussi bienveillants lors de nos passages dans leur service, observe-t-elle. Le soutien d’un chef peut très vite vous faire relever la tête. Mais le silence, les remontrances après une erreur médicale, peuvent définitivement vous l’enfoncer sous l’eau.» ­Générer un mal-être, enclencher une spirale dépressive, voire claquer la porte de l’internat après six années d’études éreintantes. Et parfois, conduire au suicide.

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Olivia, 26 ans, interne en médecine d’urgence à Paris, sera dans la rue. «Sur mes quatre semestres de stage, j’en ai connu deux d’une violence inouïe. A 65 heures par semaine, comme un bon petit larbin.» Olivia s’est écroulée au mois de mars, burn-out. «Ça suffit d’endurer une pénibilité extrême au travail et de souffrir en silence. Au moins cinq camarades se sont suicidés depuis le début de l’année. On ne peut plus envoyer à la mort des gens qui se forment au prétexte que l’hôpital ne peut fonctionner sans eux.»

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Retrouvez l’émission “Suicides, épuisement professionnel et harcèlement : le mal être des internes dans les hôpitaux” de France Culture ici 

Vous y retrouverez le témoignage d’Olivia, la présidente de notre association.

« Je pensais que c’était moi qui n’arrivait pas à travailler 70h par semaine, à faire des séries de 26 jours, que tout le monde fait ça et va bien. En fait non, personne ne va bien, et donc tous les 18 jours un interne se suicide »

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Dans notre première newsletter, nous avions joint une copie de l’amendement au PLFSS 2021 pour un financement des Docteurs Juniors, rédigé par notre présidente.
Depuis, Olivia a récemment communiqué sur le sujet dans un article rédigé par Christian Lehmann pour LIBERATION :

«L’apprentissage supervisé du docteur junior la nuit est essentiel pour apprendre à faire face à des cas médicaux complexes aux urgences ou à la régulation avec souvent un accès limité à certains examens complémentaires, renchérit Olivia Fraigneau, présidente de l’Association des jeunes médecins urgentistes. Cette absence de financement spécifique de notre formation nous envoie un message consternant. Dès l’arrivée dans le système hospitalier, on nous fait comprendre que nous sommes la dernière roue du carrosse. On nous habitue à des contraintes horaires interdites dans nombre de pays européens, avec des gardes de vingt-quatre heures d’affilée, quand ailleurs une garde ne peut dépasser douze à quatorze heures au maximum, et doit être suivie d’un repos de onze heures. On ne peut pas nous demander toujours plus, sans reconnaissance.»

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Absence de financement des docteurs juniors

 

L’AJMU rejoint la Société Française de Médecine d’Urgence (SFMU), le SAMU-Urgences de France (SUDF) et le Collège des Universitaires de la Médecine d’Urgence (CNUMU) et demande à ce qu’un financement des docteurs juniors soit mis en place de toute urgence !

Depuis la parution du décret n° 2018-571 du 3 juillet 2018 portant dispositions applicables aux étudiants de troisième cycle des études de médecine, d’odontologie et de pharmacie, et indiquant la création de cette nouvelle phase de l’internat, celle de « consolidation » ou de « docteurs juniors », il s’est avéré qu’aucun financement viable, en particulier pour la médecine d’urgence, n’avait été envisagé !

Les directions de certains hôpitaux recevant des docteurs juniors ont donc décidé de financer les docteurs juniors sur les postes vacants de médecins séniors pour ne pas altérer le fonctionnement budgétaire de leurs structures. Les promesses d’une année d’autonomisation progressive et d’une meilleure formation grâce à la création du DES de Médecine d’Urgence paraissent bien lointaines !

Si les autres années de l’internat sont financées à la fois par le ministère et la T2A, il existe plusieurs points essentiels à rappeler : 

  • Le DES de Médecine d’Urgence est un des nouveaux DES et auparavant la formation des futurs urgentistes se faisaient essentiellement via le DES de Médecine Générale, en 3 ans donc. Il s’agit donc d’une année supplémentaire en terme de financement pour les hôpitaux.
  • Les services d’urgences, et a fortiori ceux de SAMU-SMUR, ne dépendent pas de la T2A comme les autres services. Il s’agit donc d’un mode de financement non viable pour les futurs urgentistes, comme pour les hôpitaux dont l’équilibre budgétaire est plus que précaire.
  • La présence d’un interne dans un service d’urgence n’augmente en rien l’activité de ce service, et donc en rien la T2A que perçoit les hôpitaux. 

L’AJMU  se prononce à nouveau en faveur d’un financement des internes, toutes années et phases confondues, à 100% par le ministère ! Les internes ne doivent pas être considérés comme des acteurs de l’activité des hôpitaux mais comme des professionnels de santé en formation.

Devant l’urgence de la situation de cette année, l’AJMU rejoint la demande d’amendement au PLFSS 2021 émanant de la SFMU, du CNUMU et du SUDF pour tenir les engagements budgétaires qui conditionnaient une telle réforme, et appelle tous les sénateurs à approuver cette requête. Il en dépend également le bon fonctionnement des systèmes d’urgence alors que nous sommes en train de vivre une crise sanitaire hors-norme.

 

Olivia Fraigneau – Présidente de l’AJMU

Contact : 07 88 03 39 87 ou president@ajmu.fr